Dans nos projets d'adolescence, on visait un peu haut, on imaginait un merveilleux appartement dans le XVIe arrondissement, spacieux, lumineux, qui respirait la luxure. Aujourd'hui, on a accepté de placer la barre un peu plus bas ; c'est un appartement parisien, avec trois chambres, une cuisine, un salon, une salle de bain, rien de très spacieux, rien de trés princier mais c'est comme vivre à Buckingham Palace. Pourtant, la décoration est rudimentaire. Bon ... épurée disons. La lumiere feutrée du soleil de Paris habille les murs du séjour. Séjour toujours éclairée, de nuit comme de jour, à cause de la grande fenêtre qui donne sur la rue, et qui, la nuit, laisse les réverbères éclairer la pièce. Un immense canapé en vieux cuir défraîchi,marron, capitoné trône fièrement au milieu du living-room. Ce divan c'est la pièce maîtresse de notre déco puriste. Il se dresse, altier, en face de notre petite télévision qui ne capte jamais bien, petite télé où neige souvent dans l'écran. Au sol, des souvenirs, des espoirs, des projets, des petits morceau de rêves et de raves. Au sol, nos vies. Des dessins, nos dessins, les pochettes de CD, les plans d'une chambre noire et les dernière photos de Cindy, celles de sa récente promenade à Montmartre, les bols de thé vides et les créations architecturales d'Anaë, ma boîte d'encre noire, mon carnet et mes morceau de papiers griffonés. Au sol, la définition de nos nuits parisiennes. Ces nuits où quelques fois, chacune d'entre nous, trop accoutumée à la présencce des deux autres, décide de traîner sa couette jusqu'au canapé, comme un bambin traîne son doudou, et s'avachit sur le vieux divan, jusqu'à ce que l'on s'endorme toutes, l'une sur l'épaule de l'autre. Puis, au matin, la lumière feutrée de l'aube nos reveillera, faisant briller les petites cuilleres encore plantée au garde à vous dans les pot de yaourt qu'on oublie toujours de jeter.
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Texte de Crapaud